Proposition N°1 : La Gare Multimodale

Les gares…

Pour une ville comme Tarbes, avoir une gare qui continue de voir s’arrêter les trains est une aubaine ! Alors que le tout voiture s’essouffle et se dévoile pour ce qu’il est (une impasse économique, sociale, écologique et sanitaire), alors que le transport aérien se retrouve prisonnier des énergies fossiles, le train redevient central dans notre mobilité. Mais actuellement, la gare de Tarbes n’est pas un exemple à suivre, notamment car elle est uniquement accessible par le sud. Mais rien n’est gravé dans le marbre.

Pour préparer l’avenir et reconnecter la gare avec la ville, Vélorution Tarbes propose la gare multimodale :

  • Construction d’un passage piéton/vélo Nord – Sud
  • Déplacement de la gare de bus de la place Verdun vers la gare
  • Création d’un parvis piéton
  • Création d’un itinéraire piéton et vélo sécurisé depuis/vers le centre-ville
  • Fermeture à la circulation de l’avenue du Maréchal Joffre

Vous pouvez ne pas être d’accord avec toutes ces propositions, néanmoins nous vous proposons de les lire jusqu’au bout car c’est en discutant point par point que ces projets peuvent voir le jour (et évoluer si besoin).

La gare de Tarbes telle qu’elle est actuellement

Dans la deuxième moitié du 20ème siècle, avec l’avènement de la voiture individuelle, beaucoup de gares se sont transformées en vulgaires parkings avec accès au train.

La gare de Tarbes dans les années 1900

1. Une gare accueillante

“Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective. Des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà, plus tard on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura prise dix, vingt, mille fois. Au bout d’un temps cela vous appartient parce qu’on y a vécu.”
– L’auberge espagnole –

Bon. Est-ce que nous voulons vraiment que la première perspective que Tarbes offre à ses visiteurs, ce soit ça ?

Un parking sans âme, partiellement couvert de voitures ventouses, qui masque une avenue aussi passante que chaotique dans un vacarme de moteurs et de klaxons.

2. Résorber la coupure urbaine

Construisez-le, et ils viendront (ou comment l’offre propulse la demande)

Les voies de chemin de fer qui traversent la ville forment une coupure urbaine. C’est comme un mur infranchissable parsemé de quelques passages dont les plus stratégiques sont phagocytés par l’automobile. Il n’y a pas ou peu de passages sécurisés pour les piétons et cyclistes. L’aspect le plus important du projet de gare multimodale réside dans la création d’un passage nord-sud destiné aux usagers non motorisés.

Il existe une large friche au nord de la gare. Elle fait plusieurs hectares. Les abords de la gare sont parmi les terres les plus précieuses d’une ville. Aujourd’hui, à Tarbes, ce potentiel n’est pas exploité. Cela permet d’envisager des solutions relativement simples aux problèmes de coupures urbaines, notamment pour installer ce passage modes doux.

Les exemples de passages mode doux des deux côtés d’une gare sont nombreux. On peut principalement distinguer deux types d’aménagements, les passerelles et les tunnels.

2a. Les passerelles et tunnels

Voici des exemples de 2 passerelles et 2 tunnels piétons/vélos, en France et ailleurs (plus d’exemples tout en bas de la page) :

Passerelle en gare d’Angers Saint-Laud
Passerelle en gare de Vannes
Passage sous la gare de Redon
Parvis derrière la gare de Redon
Sous la gare d’Amsterdam

2b. Le parvis sans voitures

Aujourd’hui, le parvis de la gare, c’est un parking voiture doublé d’un axe structurant du plan de circulation de la ville de Tarbes fréquemment embouteillés. Comme tous les parkings et comme tous les bords d’axes routiers, ce n’est pas un endroit où l’on se sent bien. La végétation y est quasiment absente, il n’y a que très peu de place pour s’assoir, c’est bruyant et dangereux (vous n’y laisseriez pas jouer un enfant de 8 ans sans supervision).

Pour devenir un endroit attractif et sortir de son statut de non-lieu lugubre, la gare doit se doter d’un parvis sans voiture.

Maintenant, imaginez un parc avec des bancs, une fontaine, des platebandes, des arbres remarquables, un kiosque à musique, un troquet et un parking vélo sécurisé. Remplacez la route passante pleine de voitures qui ne vont ni ne viennent de la gare par une piste cyclable, et vous obtiendrez ceci :

Un endroit où il fait bon être. Les premières sensation d’un visiteur, celles qui lui resteront une fois parti, seront celle d’un endroit accueillant, calme, arboré et fleuri. Il aura sans doute d’avantage envie de revenir. Peut-être même qu’il acceptera le poste pour lequel il était venu passer un entretien car la ville a l’air chouette.

2c. L’accès à la gare

Supprimer le trafic de transit voitures devant la gare ne signifie pas la suppression totale de l’accès voitures. Il s’agit surtout de le repenser. Dans notre proposition, le parking longue durée se situe côté NORD de la gare, là où l’espace est actuellement inutilisé. Un dépose-minute y est également présent, à côté des arrêts de cars Lio et du passage piétons/cyclistes sous les voies de chemin de fer, pour un accès direct à la gare. Les bus de ville, quant à eux, se situent du côté de la ville, côté SUD.

3. La gare multimodale : Train-bus

Aujourd’hui, il y a un soucis entre les trains et les bus. En effet, le nœud des bus est situé place de Verdun, à plus de 10 minutes à pied de la gare. Il y a certes des navettes (gratuites), mais celles-ci n’ont pas l’air de correspondre à l’arrivée des trains et l’arrêt se situe de l’autre côté du parking sans aucune indication de son existence dans la gare. Et pour y aller à pied, peu d’indications, et un trajet peu intéressant.

Les cars s’arrêtent actuellement sur le côté de la gare et de son parking. La gare des cars est invisible depuis la gare. Ils pourraient passer derrière la gare pour ne pas avoir à rouler “côté centre-ville” et leur arrêt pourrait être bien indiqué : bus côté ville/sud, cars côté nord.

Que ce soit pour les bus ou les cars, les horaires ne sont pas indiqués dans la gare, ni même juste devant. Cela n’incite pas à faire du multimodal : utiliser en complément trains et bus/cars.

4. La gare multimodale : Train-vélo

La longue distance et les derniers km

Le train et le vélo se renforcent mutuellement. Là où le vélo est agile et peut rouler sur quelques km sans avoir à se préoccuper de trouver une place de parking tout en permettant de se maintenir en forme, les trains permettent de faire de longues distances sans se fatiguer. Pour qu’un système multimodal fonctionne, plusieurs éléments sont nécessaires :

  • un parking vélo longue durée à la gare, fermé, gardé et sécurisé, pour être sûr.e de retrouver son vélo en revenant
  • des consignes pour laisser casque et kway
  • une station de vélos en libre service pour les personnes ne pouvant/voulant pas utiliser leur propre vélo
  • des ascenseurs pouvant accueillir des vélos avec sacoches et des rampes au cas où les ascenseurs tomberaient en panne
  • une bonne signalisation des “wagons vélo”
  • un accès vélo sécurisé à la gare (piste cyclable, passerelle etc.)
  • des services vélo à proximité (réparation, matériel etc.)

Il est nécessaire de co-construire tout cela avec les acteurs concernés (municipalité, SNCF, associations vélo etc.).

Conclusion

Tarbes et sa gare ont tout pour permettre à tout le monde de pouvoir se déplacer autrement qu’en voiture individuelle. Ce n’est peut-être pas votre cas, mais beaucoup de personnes rêvent de ne pas utiliser la voiture tous les jours, pour des raisons diverses.

Les élections qui arrivent sont LE moment pour faire de la mobilité un sujet central, que ce soit pour des questions économiques, de santé ou écologiques.

Alors, que pensez-vous de ce projet ?

Nous avions déjà parlé de la gare multimodale dans la présentation de notre plan vélo le RéVéTa (Réseau Vélo Tarbais) que vous retrouverez ici : https://velorution-tarbes.fr/plan-velo-tarbes/


Plus d’exemples de passerelles et de tunnels piéton/vélo dans des gares :

Passerelle en gare de Creil (ouverture prévue en 2029)
Passerelle en gare de Miramas
Passerelle en gare de Blois
Sous la gare de Lyon Perrache
Sous la gare de Zurich
Sous la gare d’Helsinki